Deux auteurs, voire deux siècles, se sont méfiés des regroupements associatifs:

Une immense volonté particulière

Jean-Jacques Rousseau et Adam Smith.

D’après Adam Smith ,  » rarement t les membres d’une corporation se rassemblent, même pour se livrer à la distraction et au plaisir, sans finir par une conspiration contre le public, ou sans imaginer quelque moyen qui élève le prix de leur travail. Il est impossible, à la vérité, d’empêcher ces assemblées par aucune loi, dont l’exécution soit facile et le dispositif conforme à la justice et à la liberté : mais si le législateur ne peut rien pour s’opposer à ce mal, devrait-il le favoriser, et surtout le rendre nécessaire ? Tel est pourtant l’effet des lois de corporation. Obliger tous les membres d’un corps de métier à consigner leurs noms et leurs domiciles dans un registre public, c’est faciliter les assemblées ; c’est lier ensemble des individus qui n’auraient jamais pu se connaître autrement ; c’est donner à chacun d’eux le moyen de trouver aisément tous les autres. ». A. Smith redoute même ce qui, actuellement, correspond à l’inscription obligatoire sur le registre du Commerce ou des Métiers de même que le dépôt de déclaration d’association en préfecture.

Quant à Jean-Jacques Rousseau, il affirme que «  quand il se fait des brigues, des associations partielles aux dépens de la grande, la volonté de chacune de ces associations devient générale par rapport à ses membres, et particulière par rapport à l’État ….:Enfin, quand une de ces associations est si grande qu’elle l’emporte sur toutes les autres… alors il n’y a plus de volonté générale, et l’avis qui l’emporte n’est qu’un avis particulier.

 


La pensée de Jean-Jacques Rousseau exprimée dans le Contrat social exerce une grande influence sur les contemporains de la Révolution et beaucoup verront dans l’instauration de la loi Le Chapelier de 1791 l’application des doctrines prônées par Rousseau et les Physiocrates.

J.-J. Rousseau à ses concitoyens sur les clubs.
Extrait littéral du Contrat social, livre 2, chapitre 3, intitulé : « Si la volonté générale peut errer »

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